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Mercredi 29 octobre 2008
          Hélas, pendant que Nathanël se demandait encore dans quel monde il vivait, le fourgon filait droit vers le commissariat révolutionaire, Q.G. des gardiens de la révolution. Julie non plus n'avait pas eu  le temps de saisir ce qui se passait, mais les trois brutes qui étaient à l'arrière avec elles lui firent vite comprendre. Celui qui était assis à sa droite lança rapidement les hostilités. Il commença par poser sa grosse main de paysan sur celle de Julie qui la retira aussitôt. Il ne comptait pas en rester là :

      " - Alors, sale moraliste, annonça-t-il, on va te montrer ce que tu rates aux bachanales...
      
       La main du garde reprit celle de Julie.

      - Je vous le déconseille, lança une Julie dont les esprits étaient revenus avec l'intrusion de cette main étrangère, à laquelle elle arracha sa main une deuxième fois.

      - Ah bon, et qu'est-ce qui va nous en empêcher ?

      La main revint à l'assaut. Cette fois, Julie commença à douter, et n'osa pas retirer la sienne.
     
     - Le réglement, et la sanction qui tombera quand je me serais plainte à votre commandant.

      - Tu ne manques pas d'aplomb ! Ca m'excite ! Et je ne vois pas comment tu vas me dénoncer, je n'aurais pas besoin d'enlever mon casque tu sais...

      - Ton commandant saura bien te retrouver !

      - Ahah ! Et tu crois qu'il va prêter attention aux dires d'une sale petite moraliste  bourgeoise comme toi...

      La prise de la main commença à se faire tellement pressante que cela fit mal à Julie. La douleur lui fit jeter ses derniers atouts :

     - Sauf que je ne suis pas une moraliste, comme tu dis ! Et bourgeoise encore moins ! J'étais avec Samuel Lenoir lors de la prise de Noirmoutier. Je suppose que tu en as entendu parler.

      La main du soldat se retira immédiatement. Il croyait être aux prises avec le noir, mais on dirait bien qu'il était tombé sur une rouge. Impair. Passe.

      - Tu expliqueras ça au commandant ! De toute façon, si tu m'as menti, j'aurais tout le loisir de te retrouver au cachot. J'aime bien la paille. Et je ne suis pas rancunier. La preuve, je te couperai moi même les cheveux."

      Le reste du transport se passa dans un silence glacial. Julie préféra laisser au garde le reste de dignité qu'il s'était ménagé par sa dernière réplique. Mieux valait ne pas répondre. D'autant qu'elle préférait utiliser son esprit à tenter de comprendre ce qui avait provoqué son arrestation.
Par Dimitri Patchev - Publié dans : Rêves du futur - liberté chérie ! - Communauté : Page à page
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