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Les rêveries du coeur endormi

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Samedi 17 mai 2008

La troupe se recula de quelques pas et la porte commença à s'ouvrir. Sam, Nat et un jeune homme nommé Alexis, un vrai mastodonte, attendirent que le sas s'ouvre entièrement avant de pénétrer calmement dans l'entrée. Une fois arrivés à hauteur des deux gardes de faction, Nat et Alexis se jetèrent sur eux, tandis que Sam sortit un petit appareil conique, et le pointa sur le panneau de commande. Le rayon qui en sortit pulvérisa instantanément l'installation. Le sas ne se refermerait plus. Sam se retourna vers les gardes, son arme discrète mais puissante toujours à la main, en priant pour ne pas avoir à s'en servir. Heureusement, autant surpris par l'attaque que par l'explosion, ils n'avaient pas eu le temps de réagir et s'étaient rapidement vus maîtrisés par leurs assaillants. Ces deux-là seraient leur clé pour arriver dans le poste principal.


Dehors, le bruit de l'explosion donna le signal de l'attaque. Les pancartes furent jetées sur le sol et la vingtaine d'émeutiers se jeta à l'intérieur de la bâtisse, pendant que Julie, armée d'un haut parleur, se mit à haranguer la foule :

« Citoyens ! Camarades !

Ne restez pas là les bras ballants alors que le sort de nos enfants se joue dans ces murs ! Combattons pour leur liberté ! Combattons pour la liberté ! Le monde change, il doit changer, et nous avons besoin de vous pour le faire changer. Nous voulons un monde où les jeunes puissent grandir sans être enfermés dans de vieux châteaux poussiéreux. Nous voulons un monde où les jeunes puissent grandir à la lumière du soleil. Nous voulons un monde où les jeunes puissent choisir eux-mêmes le chemin de leur vie. Assez de Bastilles ! Assez de censure ! Assez de carcans ! Assez d'interdits ! ...

- Elle a raison ! »

Le cri venait d'un homme d'âge mur, avec un longue barbe. C'était le tenant du bistrot du coin qui répétait depuis longtemps à ces clients que ce centre était une honte pour le village. Les anciennes autorités avaient d'ailleurs menacé plusieurs fois de lui retirer sa licence.

«  C'est vrai ! Renvoyons tous ces rabats-joie dans leur pénates ! »

Cette fois, c'était une femme que le curé avait humiliée devant tout le village en dénonçant son infidélité sur la place publique.

« Mort au cons ! Mort au vaches ! Les censeurs sur la croix ! »

Les jeunes s'y mettaient, impatients d'en découdre avec n'importe qui, et de toute façon acquis à la cause d'un nouveau régime qui promettait de ne plus leur demander l'abstinence jusqu'au mariage. Et bientôt, on n'entendit plus qu'un vaste murmure d'approbation de la foule, tandis que les tièdes, les prudents ou les hostiles s'éloignaient discrètement d'un lieu qu'ils commençaient à trouver trop dangereux.


Julie cria de toutes ses forces dans le haut-parleur « Allons-y camarades ! » et se retourna, brandissant haut sa pancarte. Elle s'élança, la poitrine en avant, bien moulée dans sa combinaison jaune. La caquette rouge vissée sur la tête accentuait son air déterminé et ne laissait dépasser que quelques uns de ses longs cheveux bruns. Elle tenait son étendard bien haut dans le ciel, ne lâchant pas non plus son haut-parleur qui s'était révélé sa meilleure arme. Tournant légèrement la tête, elle se vit suivie par une centaine de personnes maintenant résolues, de tous âges et de toutes conditions, qui avaient ramassé les pancartes du commando comme armes de fortunes. La liberté pénétra le château avec ce peuple en colère. L'assaut était définitivement lancé.

par Dimitri Patchev publié dans : Rêves du futur - liberté chérie ! communauté : Page à page
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