La vie parfois prête à sourire, pour deux gamins dans un jardin, regardant un lapin courir devant le gros chat du voisin.
Le chat, qui aimait le lapin, le regardait bondir au loin, pour atterrir droit dans sa cage.
Le lièvre appréciait le chat qui, ronronnant, allongé là, rêve aux poissons, jamais ne nage.
« Lequel des deux a tord ? » se demandaient les deux gamins, sans pouvoir n'en choisir aucun : sous le soleil, dans ce jardin, l'herbe n'a pas le goût du foin et le chat doucement s'endort.
La vie parfois prête à sourire, pour deux gamins qui s'aiment bien et qui peuvent jouer, sans rire, au jeu du chat et du lapin.
Fort comme un gosse, à la marelle, visant le ciel de son corps frêle, il retombait parfois sur terre, serrait les dents, faisait le fier, criait contre le gros cailloux qui lui a rougi le genou, comme un homme ignorait ses bosses, bondissait toujours vers le ciel.
Je le suis de mes yeux rêveurs. Il me regarde, un peu moqueur. Il n'a pas peur. Je n'ai plus peur. Nous sourions de bon cœur.
Je ne joue plus à la marelle mais je saute encore à la corde, pour voir, dans ses jolies prunelles, briller les feux de milles fjords.
Je le suivrai jusqu'au collège, jusqu'au lycée, jusqu'à l'hospice. Je le suivrai dans son manège et je suivrai ses yeux d'épices.
Moi, qui ne suis qu'en maternelle, à lui, le grand, lui qui m'accorde sa protection si naturelle, de mes baisers, moi, je le borde.
Avec sa croix autour du cou et ses idées un peu d'hier, moi, qui ne croirai plus beaucoup, je le suivrai en libertaire.
Avec sa course après le temps, lui chevalier, moi le manant, avec sa règle infranchissable, je le suivrai en indomptable.
Je le suivrai où je le mène. Où il ira, moi je l'emmène. Je le suivrai dans son jardin et il me suivra dans le miens.
Je le suivrai car c'est mon homme. Je le suivrai : je l'aime à mort. Depuis un an qu'il me fait rire. Il met ma vie dans un sourire
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